Selon la tradition chinoise, le corps est parcouru par des circuits le long desquels circule l’énergie. Ces «canaux énergétiques», appelés les méridiens peuvent être comparés à des rivières qui parcourent le corps pour irriguer et nourrir les tissus. Un obstacle dans un canal énergétique est comparable à une digue placée sur une rivière.
Cette énergie peut être modifiée en introduisant des aiguilles aux points d’acupuncture. Elles éliminent les obstacles et rétablissent le courant normal dans les méridiens.

Ces termes, ces concepts peuvent heurter nos esprits occidentaux. Il ne faut pas perdre de vue le fait que la médecine chinoise est empirique. Les praticiens ont fort logiquement essayé d’en comprendre le mécanisme d’action. Ne disposant pas de connaissances scientifiques développées, ils ont expliqué leurs découvertes à la lumière de leurs connaissances philosophiques et culturelles.

Les découvertes scientifiques modernes nous permettent progressivement de comprendre l’action de l’acupuncture.

Le point d’acupuncture :

  • On a répertorié 360 points d’acupuncture.
  • La plupart des points d’acupuncture sont situés sur les méridiens. Certains sont situés en dehors de ces trajets (ils sont appelés points hors méridiens).

Ils ont une topographie le plus souvent fort précise.
Ils sont situés dans un creux, au fond d’une dépression cutanée palpable, sensible à la palpation profonde.
Il peut être nécessaire de piquer profondément pour obtenir l’effet thérapeutique.

Le point d’acupuncture peut être comparé à une cible. L’action du point est d’autant plus efficace que l’on se rapproche de son centre.

  • Le point d’acupuncture présente des caractéristiques électriques particulières. On note à son niveau une chute très importante de la résistance ou de l’impédance cutanée de l’ordre de 10 à 1 (travaux du docteur Niboyet) . C’est cette propriété qu’utilise le détecteur de point (basé sur le principe du pont de Wheastone).
  • Son efficacité dépend de l’innervation cérébro-spinale et du système neurovégétatif. L’injection de procaïne au point d’acupuncture ainsi que des lésions spinales (paraplégiques) font disparaître l’effet analgésique. (Térénius et Han).
  • Sous un point d’acupuncture on trouve une grande variété d’éléments comme du tissu conjonctif, un nerf ou des éléments vasculaires. Dans 50 % des cas, leur localisation correspond à un point moteur (point de pénétration du nerf dans le muscle). Les points moteurs sont tous des points d’acupuncture, mais l’inverse n’est pas vrai.

Les méridiens:

  • Le trajet de certains méridiens est intéressant : celui appelé «méridien du coeur» suit le trajet de la douleur angoreuse; celui des «méridiens de la vessie» et de la «vésicule biliaire» suit le trajet de la sciatalgie (S1 ou L5).
  • Les méridiens semblent être des lignes imaginaires qui auraient servi de moyen mnémotechnique aux praticiens chinois.

Action:

  • Les circuits nerveux peuvent être simples: partant des terminaisons nerveuses de la peau, ils empruntent les nerfs sensitifs jusqu’à la moelle épinière, puis les nerfs moteurs jusqu’aux muscles. Ce sont ces circuits qui sont activés dans le traitement des crampes.
  • Dans d’autres cas, il y a libération – au niveau des synapses – d’enképhalines, substances qui ont un fort pouvoir antalgique. Ainsi pour éliminer les douleurs de l’appareil locomoteur, on pique les terminaisons nerveuses des nerfs qui se trouvent en relation avec les articulations concernées.
  • Pour supprimer les douleurs viscérales (des intestins, de l’estomac…) on stimule les terminaisons nerveuses des zones de Head, qui correspondent à la projection nerveuse des viscères à la surface de la peau. La zone de Head des poumons se trouve au niveau du thorax, celle des intestins et du foie au niveau de l’abdomen. En piquant les terminaisons nerveuses d’une zone de Head, il se produit une libération d’enképhalines au niveau des synapses des neurones, qui se traduit par l’élimination de la douleur dans l’organe correspondant.
  • Dans d’autres cas, les circuits nerveux sont plus complexes et ont pour relais le cerveau. Le soulagement des maux de dents par l’acupuncture s’explique par la production d’endorphines libérées par le complexe hypothalamo-hypophysaire.

Selon le rapport du NIH Consensus Statement, il est évident que des endorphines sont libérées durant le traitement par acupuncture et que l’effet analgésique de l’acupuncture peut être expliqué partiellement par cette action. Le fait que des antagonistes des opioïdes, tels que la naloxone, supprime l’effet de l’acupuncture renforce cette hypothèse.

L’amélioration obtenue dans des maladies d’origine inflammatoire – tendinites, conjonctivites, arthrites, rhinites, gastrites – proviennent de l’action anti-inflammatoire des glucocorticoïdes sécrétés, via le complexe hypothalamo-hypophysaire, par la corticosurrénale.

Ces hypothèses sont reprises dans le rapport du « Consensus Statement on Acupuncture » du « National Institute of Health (NIH) » du 22 novembre 1997.